Congo-Brazza : suspecté d’avoir tenté d’assassiner l’opposant Ferdinand Mbaou, un ex-espion français tué en France

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Un ancien agent de la DGSE (les services de renseignements français), soupçonné depuis l’automne d’avoir projeté l’assassinat de l’opposant congolais Ferdinand Mbaou, a été identifié comme l’homme tué par balles la semaine dernière en Haute-Savoie, dans le sud de la France.

C’est une affaire aux multiples rebondissements. Le corps retrouvé le 21 mars sur un parking de la commune de Ballaison, proche du lac Léman, était celui de Daniel Forestier, a indiqué l’avocat de la victime, Me Cédric Huissoud, confirmant une information publiée mardi 26 mars par l’hebdomadaire Le Messager sur son site Internet.

Le tueur ne lui a laissé aucune chance : l’autopsie a révélé cinq impacts de balles sur la victime, dont un au niveau du cœur et un dans la tête. Après l’identification du corps, le dossier judiciaire a été repris lundi par la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Lyon, qui enquêtait sur une affaire dans laquelle il était l’un des suspects : le projet d’assassinat ayant visé le général Ferdinand Mbaou, un opposant au président congolais Denis Sassou Nguesso réfugié en France.

Tentative d’assassinat en 2015

En septembre, Daniel Forestier et un autre ex-agent des services de renseignements extérieurs français avaient été inculpés dans cette affaire « d’association de malfaiteurs » et « détention d’explosifs ». Un troisième homme avait été placé sous le statut de témoin assisté. L’avocat de Daniel Forestier – qui vivait en Haute-Savoie et était placé sous contrôle judiciaire – avait engagé un recours devant la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Lyon pour faire annuler la mise en examen de son client, a-t-il précisé.

Ferdinand Mbaou, 62 ans, s’était dit début octobre « en colère mais pas surpris » par la nouvelle de ce projet d’assassinat, qu’il disait avoir appris « par la presse ».

Fin 2015, Ferdinand Mbaou, ancien chef de la garde présidentielle de l’ex-président de la République du Congo Pascal Lissouba (1992-1997), avait déposé une plainte après avoir été grièvement blessé par balle dans une autre tentative d’assassinat à la sortie de son domicile de Bessancourt, au nord de Paris. Il a appris en octobre le classement sans suite de cette plainte. « On m’a tiré dessus à bout portant. J’ai encore les projectiles dans mon corps », expliquait-il le 20 mars à Paris Match.